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samedi 24 mai 2008

As-tu peur?

Au départ, je n'avais aucune idée d'où me mènerait l'idée de faire un blog. Je me suis créer une adresse email, le_tapageur@hotmail.com, sans trop savoir, me disant qu'au pire je pourrais y faire dévier un max de pourriel quand je m'inscris à des maisons de sondage ou autres trucs douteux. Puis j'ai reçu quelques messages intéressants, quelqu'un de zélé me demandant étrangement conseil et certaines personnes m'ajoutant même à leur liste msn pour des raisons qui me sont inconnues. Globalement, je trouve ça intéressant, discuter avec des gens qui me sont étrangers, de choses et d'autres. Ça aura eu du bon ce truc de Taverne Silencieuse. Et pas que pour ça...

Et puis ce soir, quelqu'un parmi ces nouveaux contacts improvisés me demandait si j'avais peur. Si moi, qui supposément semble bien gros rationnel, avait des choses qui l'effrayaient.

J'y ai pensé un bout. Parce qu'au fond, la peur, c'est vague. Comment la définir avec exactitude, savoir en quoi elle consiste vraiment, où est la limite de l'angoisse, du doute, de l'incertitude par rapport à la peur. J'ai ce vieux réflexe d'associer peur avec vulnérabilité, comme si un n'allait pas sans l'autre, comme si l'absence d'effroi rendait invincible, sorte de pensée magique que j'entretiens depuis toujours parce que petit, l'école de la vie m'avait appris à ne pas montrer faiblesses.

Je crois qu'il y a l'irrationnel. Ou le subconscient. La peur des chiens, de l'eau, de traverser le pont en voiture. Plus de gens sont paralysés par ces peurs qu'on pourrait le croire à prime abord. Pour moi, c'est le vertige. Jeune bébé, j'étais debout sur mes jambes, déjà grand, et je pleurais, effrayé de m'asseoir, étourdi par les vapes d'une altitude somme toute illusoire. Aujourd'hui, j'ai des palpitations, je tremble, et je déteste ça à mourir... récalcitrance à la faiblesse.

Et puis il y a le reste. J'ai peur de vieillir seul, délaissé par ma famille ou mes enfants. Tant de personnes âgées croupissent tristement seules, abandonnées par une descendance prisonnière d'une vie où la cadence effrénée les amènent à oublier l'essentiel. J'ai peur de ne pas laisser de traces, m'évaporer et ne plus être qu'une épitaphe parmi des centaines d'autres dans un moribond cimetière. À un stade de ma vie, je demandais aux gens qui m'entouraient quel était le meilleur moyen de perdurer à la mort. Je crois qu'il s'agit d'avoir des enfants. J'ai peur de ne pas avoir cette chance.

J'ai peur de décevoir, les autres tout comme moi-même. Parce qu'avec une attente, quelle qu'elle soit, vient une pression, une expectative à vouloir rencontrer. Peur de ne pas devenir ce que je veux, peur de me tromper sur ma personne, peur d'avoir profondément tort.

Je réalise que j'ai peur de plusieurs trucs, et pourtant ça ne régit pas ma vie, du moins je crois. Est-ce normal d'avoir peur pour ces trucs? De quoi avez-vous peur?

jeudi 27 mars 2008

Courrier du Tapageur Silencieux

À l’ouverture de ce blogue, à cause d'un optimisme fringant quant au succès de ce dernier, j’ai décidé de me créer une adresse email spécifiquement pour recevoir les emails liés à mon blog, courriels qui ne manqueraient pas d’affluer, dans mon esprit. Or, le tout s’est avéré beaucoup plus relax que je l’escomptais.

Puis voilà que j’ai reçu un mail hier soir d’une personne dont je tairai le nom dans un souci pas rapport de préserver l’anonymat de mon interlocuteur. Mon anonyme correspondant écrivait pour demander de mes conseils, conseils dans un domaine où je suis aussi amateur que Jacques Villeneuve l’est dans la chanson. Bien sûr, mon réflexe fut d’ignorer le tout ou de répondre « C’est pas R-Force icitte TABARNAC » mais je vais cependant tenter une réponse pour éclairer ce désespéré homme qui hésite à dévoiler sa flamme.

Lettre d’Anonyme

Bonjour Sieur du Tapage,

Désolé de vous importuner de la sorte mais il y a actuellement une fille qui m’intéresse fortement sauf que je ne sais pas comment lui dire, dévoiler mon affaire. Pourriez-vous me prodiguer vos conseils, ô expert de la chose?


Cher Anonyme, tout d’abord merci de cette confiance aussi méritée qu’un coup de poing de Jonathan Roy. Ta situation n’est pas évidente, les informations quant à ta personne et la demoiselle, la relation que vous entretenez manquent cruellement afin d’établir un diagnostic adéquat. Cependant, tel un psychiatre barbu à la radio, je ne manquerai certainement pas l’occasion de donner mon opinion et de tenter de te conseiller douteusement.

La première option consiste à tenter de t’approcher de la dite chix, lui donner des signes simili subtils et voir sa réaction, évaluer si elle réagit positivement, réplique à tes semi discrètes tentatives de féroce chacal de l’amour. Si tu sens un peu d’ouverture, fonces tel un Bruny Surin. Gâtes toi une date et sors le grand jeu, sors tes plus beaux atours, go les rites de gestation élaborés et fais la fondre comme neige au soleil.

La deuxième option, plus direct, se veut une façon d’être fixé rapidement. Tu vas la voir, lui demandes « Et si on allait copuler, young lady, right fucking now? ». La fonction de densité de probabilité des réactions relativement à cette approche possède cependant une haute variance. Allant du wild sex dans le backseat de ta voiture jusqu’à la destruction de ta réputation, tout peut arriver.

La troisième option est de ne rien faire. Te cacher dans les coins sombres d’un café étudiant, avoir une hygiène déficiente, devenir un pro de Magic the Gathering (je te conseille les trample), écouter Gilles Proulx, revêtir le cuir, devenir un habitué d’un bar miteux jusqu’à avoir sa photo quelque part dans l’établissement et te masturber en pensant à elle dans un insalubre 2 et demi jusqu’à la fin de tes jours.

Finalement, la quatrième option est de maudire tout le genre féminin, de devenir un misogyne intense et de l’haïr elle particulièrement parce qu’elle ne te donne pas tout cuit dans le bec. Voilà qui serait fort sage…

Tout est donc entre tes mains, les options affluent et n’en tient qu’à toi de conclure avec cette dame. Cependant, comme tu juges bon de demander conseil à moi pour une telle situation, j’en conclus que tu es pitoyable. Tes chances sont probablement inexistantes avec cette fille, vas te tirer en bas du pont CIBOIRE!

Pour tout autre conseil, peu importe le domaine, je vous invite à me contacter!