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samedi 10 janvier 2009

Intellectuel

Plus tard, je serai intellectuel, surement un peu connard, mais j'en serai conscient, ça s'annule, oui oui. J'aurai une chevelure désinvolte, une barbe tant rousse que mal foutue, je serai au dessus des soucis quotidiens. J'aurai de grosses bibliothèques en bois massif sculptées par un ermite des Cantons de l'Est, un foyer aux briques chambranlantes, un portable archaïque pour faire du traitement de texte. Je lirai des nuits de temps dans un sous-sol tamisé que seul une lanterne à l'huile éclairera, je me désaltérerai par rasades de Scotch, je raclerai beaucoup ma gorge, je serai heureux.

Je serai un intellectuel et j'aurai une femme diablement brillante. J'aurai souvent l'air d'un con, ce sera infiniment excitant. Elle sera une passionnée de théâtre, de philosophie, elle carburera au Roth, Pynchon, Marquez et Beigbeder. Elle aura un regard brulant à en faire fondre le plus glacé des hommes, une grandeur d'âme plus vaste que l'océan. Je serai amoureux fou.

Je lui lirai des poèmes de Paul Éluard sur sa boîte vocale en tentant de prendre une voix suave. Je rigolerai bien. Nous parlerons des nuits longues, mutuellement ensorcellé par le regard de l'autre. Nous aurons des points de vue différents, nous hocherons beaucoup la tête, complices. Nous aurons des débats passionnels sur fond de tension sexuelle palpable. Nous ferons l'amour des jours durant, oubliant d'aller travailler, simplement absorbés par cette passion.

Je ne lui achèterai pas de fleurs, je composerai des sonnets. Nous n'irons pas dans des tout-inclus, nous visiterons le monde et ces beautés brutes. Nous n'irons pas au cinéma, nous marcherons simplement dans la vaste forêt qui entourera notre modeste demeure, émerveillés incessamment par la beauté de notre planète. Nous n'aurons pas de télévision, qu'une vieille radio que nous n'allumerons que lorsque le ciel sera déchiré par tempête ou orage.

Nous viverons dans un hédonisme artistique des plus plantureux. Nos murs seront ensevelis de diverses peintures, l'air toujours empli d'un air subtile de jazz manouche ou de vieux soul. Des dizaines de grimoire entasseront paisiblement la poussière dans notre grenier.

J'aurai un vieux hamac dans ma cour arrière. L'été venu, je m'y allongerai pour lire des livres d'extrémiste en riant de bon coeur, un rhum and coke à la main. Plus souvent qu'autrement, je m'assoupirai et ma douce viendra me rejoindre, couverte en main, et nous dormirons à la belle étoile, réchauffé par la chaleur de l'autre.

Nous vivrons vieux et heureux.

jeudi 4 décembre 2008

Immensité

La vie est étrange. Alors qu'un joueur du Canadiens compte dans son propre filet, que Stéphane Dion peut devenir permier ministre du pays avec 77 députés élus et que Chinese Democracy sort en magasin, je me dis que le futur est peut-être plus incertain que j'ai l'arrogance de le croire. À la télévision, on parle de pauvreté africaine, de crise indienne, de politique américaine. Je me sens minuscule. J'écoute de la musique avec de l'harmonica, je scrute la nuit noire de mes yeux béatement grand ouverts et j'ai presque une émotion. 4 décembre, on note.

La maison est plongée dans une noirceur seulement troublée par 2 écrans qui me bombardent cathodiquement sans aucun scrupule. Tout mon réseau de contact s'en est allé, un par un, rejoindre son lit douillet, ma solitude nocturne quotidienne s'épaississant un peu plus à chaque fois, grandissant au gré de cet usuel abandon crépusculaire. Tandis qu'habituellement j'y prend plaisir, saisissant ce moment pour savourer une pure quiétude, c'est plutôt une impression d'isolement qui afflige mon coeur d'encore gamin toujours troublé par l'immensité de l'univers.

J'ignore pourquoi ce trouble. Ma capacité à être heureux est parti faire un tour début octobre et semble s'être perdue en chemin, tardant à rentrer au bercail. Je fonde beaucoup d'espoir sur les vacances à venir, j'ai peur que là ne se trouve pas la solution. Alors quoi? Je ne saurais trop, je verrai bien.

La solitude est un couteau à deux tranchants. Tandis qu'elle magnifie mes euphories avec allégresse, elle entraine mes doutes dans un tourbillon des plus sombres. Souvent le mieux, c'est d'aller dormir. Ce que je fais avec empressement.

"Anyway, I keep picturing all these little kids playing some game in this big field of rye and all. Thousands of little kids, and nobody's around - nobody big, I mean - except me. And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be."
-J.D. Salinger, The Cather in the Rye

dimanche 30 novembre 2008

Suits

J'ai réalisé dernièrement que mes études achevaient bien vite, que ma vie estudiantine empruntera rapidement le même chemin que la carrière de Pauline Martin: deviendra flou souvenir que je me remémorerai avec sourires et nostalgie. C'est étrange de penser carrière, gestion, oméga 3. J'appréhende l'entrée dans la vraie vie, celle avec des responsabilités, celle où je ne pourrai me contenter d'être niais et suivre le courant, celle où répondre "on s'en fout" ne sera plus la panacée.

I'm afraid to become a fucking suit.

Je me dirige dans un milieu qu'on décrit comme drabe. On calcule 24/7, on arbore chemises-zé-cravates, on plisse du front et on prend des airs excédés en maugréant des "ben voyons". La spontanéité se fera rare, la folie sera véhément pourfendue, la cordialité restreinte. Le gris m'assaillira, la pression sociale tentera de m'amener à revêtir bas blanc et sérieux souliers. Oulala.

Je veux pouvoir continuer à prendre la vie à la légère, rire des reproches, consommer la lubie d'autrui comme catalyseur d'insouciance frivole. Je ne veux pas oublier que si peu de choses méritent d'être prises au sérieux. Je veux rester loin des carcans, versatile, détaché.

Et pourtant...


J'ai peur de me lever tous les matins à 6 heures, me raser en ne remarquant même plus mon terne reflet dans le miroir, engloutir tièdement les mêmes céréales ramollies avant d'engloutir vitamines et suppléments naturels. Je suis effrayé à l'idée du commun, de la masse, de l'engloutissement de ma personne par la machination globale de la performance. Je crains de devenir un de ses conducteurs de berline noire luxueuse qui, le soir venu, revient chez lui en traversant le pont, serrant son volant très fort en arborant un regard d'une alarmante lassitude. J'ai la chienne de faire des semaines de fou, revenir à 19 heures chez moi pour ensuite manger un plat réchauffé au micro-onde dans un condo cruellement vide. Je tremble en pensant à des nuits interminables passées dans un lit froid. Et surtout, je redoute d'arriver à quarante ans et faire le constat que je suis devenu ce que je crains. Parce qu'il sera trop tard.

mercredi 26 novembre 2008

Rites et exaltations

Je suis une personne aux multiples rituels, traditions et habitudes. Hier, conjoncturellement (call me adverbe boy), deux de ces rites se sont superposés dans une journée des plus savoureuses.

Alors que je me levais frais comme une pissenlit, je jette un coup d'oeil par la fenêtre pour réaliser que Dame Nature saupoudre de sa blanche bonté avec la même générosité qu'elle l'avait fait l'hiver dernier. Tandis que j'étais morose jusqu'alors, je fus saisi d'une pimpante joie de vivre, me jetant littéralement sous la douche, excité comme un bambin à l'idée de pouvoir aller gambader dans les rues blanchies au courant de la nuit.

C'est donc en frétillant que j'ai pénétré dans ma douce T-Mobile, compagne d'épopées hivernales des plus rocambolesques l'an dernier. Comme le veut ma coutume, j'ai inséré Pet Sounds des Beach Boys dans mon lecteur, monté le volume un max, actionné le break à bras dans les 3 premiers virages que j'ai pris. God it felt good. L'hiver pouvait commencer.

Puis après une journée sans rebondissement, j'étais énarvé (énarvé étant le féminin d'énervé, décuplant ainsi la signification du mot, full éthymologie) puisque c'est le soir même qu'avait lieu le débat des chefs. Le début de la campagne ayant été d'une mornitude consommée, j'entretenais espoir qu'elle prendrait son envol à la suite des 2 heures de joute oratoire. Parce que la tradition est installée, je me suis fait un petit pop-corn, j'ai synthonisé Rad-Can, j'ai ouvert MSN et j'ai savouré le moment. On s'envoie des baffes argumentaires, des uppercuts de chiffres, des solos de stunt, j'ai du fun. Je répond dans mon salon, je m'auto-congratule quand les chefs répondent avec les mêmes arguments que le politicien de salon que je suis. Le gagnant? Difficile à dire. Le perdant est Jean Charest à n'en point douter parce qu'arrogant, agressif, bouche bée sur la dette, entre autre. Dumont a sans doute fait plaisir à sa base en ramenant son discours un peu plus à droite sur les comissions scolaires, le système de santé à deux vitesses, etc. Hâte de voir si ce sera suffisant. Après un départ laborieux, Pauline Marois a malgré tout fait bonne figure, elle semblait préparée bien que très peu à l'aise avec la caméra.

Puis après avoir écouter les analyses à RDI, LCN, avoir lu un peu partout sur le web pour obtenir un max d'opinion, je me suis préparé un litre de rhum and coke, j'ai enfilé mes écouteurs et je suis parti marcher. Parce qui dit première neige dit marche nocturne. Je suis solennel au boute, la grosse affaire.

À peine sorti, l'air froid me surprend. J'enfile une bonne rasade, j'ai chaud, il fait beau. En face, les enfants voisins ont fait un bonhomme de neige, chambranlant, parsemé de brin d'herbe, naïf, joli. Dans l'air, une légère odeur de friture, résidu des activités d'une usine tout près. Dans la nuit, le silence est entier, dans mes oreilles résonnent The Soft Parade, un des meilleurs albums des Doors, avec ses cuivres si riche et Jim plus fou que jamais. La neige craque en se compressant sous le poid de mes pieds battant ainsi le rythme de la plus belle des mélodies, celle de l'hiver. J'ai le nez rougis, je souris. Puis la neige recommence à tomber. Je suis entouré d'un tourbillon de flocon, sweet tradition.

Prochain évènement à rites: Ouverture des patinoires extérieures. Ma vie, année après année, est une suite des mêmes choses. Je m'en rends compte de plus en plus. C'est un des aspects négatifs de ce blog.

lundi 27 octobre 2008

Compliment

J'ai de la difficulté à accepter les compliments. Truly. Ça me rend mal à l'aise, je doute de la sincérité, du bien fondé, de la crédibilité. Parce que je suis sceptique du désintéressement des gens. Parce que je suis sceptique de l'honnêteté. Parce que je relativise. Parce que je suis critique.

En entrevue, j'ai de la difficulté à nommer mes qualités. Pas que je sois particulièrement humble, je pense au contraire avoir une confiance en moi plus développée que la moyenne. Mais quand quelqu'un essaie de dire du bien, je considère le tout comme de la crotte de boeuf. C'est bizarre.

Tout cela se reflète aussi un peu dans la façon que j'ai de me définir. J'ai tendance à me décrire comme le négatif de ce que je ne suis pas. Je ne suis pas un cave. Je ne suis pas mauvais. Je ne suis pas laid. Je ne suis pas malhonnête. Enfin, vous voyez le topo. J'ai l'impression que je ne suis pas le seul à être comme ça. C'est bizarre. Alors que la majorité des gens se démènent pour obtenir l'approbation des autres, être reconnus positivement, lorsqu'ils y arrivent, ils nient. Et le font en toute bonne foi. Freaking weird. On devrait être capable de sharer de l'amour de façon collective et bien grasse, pourquoi en sommes nous inaptes? Bouh l'humain bouh.

mercredi 22 octobre 2008

Collection

Ma chambre est un total désordre. Des morceaux de linge éparpillés partout, mon panier à linge demeurant habituellement vide, trônant au beau milieu d'un vaste champs de jeans, de t-shirts, de boxer et de bas. L'habitacle de ma voiture est régulièrement enseveli sous les déchets divers, ma valise pleine de détritus, de bouteilles vides et de snacks à demi consommés. Au primaire, mon pupitre était a total mess, des feuilles un peu partout, des surligneurs que je perdais pour ne plus les retrouver avant le dernier jour de l'année où je vidais mon bureau, découvrant toujours une pomme pourrie ou des raisins secs moisis.

Je ne sais pas trop pourquoi c'est ainsi. Peut-être le reflet de mes idées éparses, l'effet de l'ultime procrastination qui m'est familière et qui me mène à toujours minimiser les efforts ou simplement le confort dans un chaos contrôlé.

Et malgré toute cette anarchie ambiante, il me reste quelques îlots d'ordre dans un océan de désorganisation. Tout ce qui peut s'apparenter à une collection, je le classe, je l'ordonne, je l'archive.

Plus jeune, je collectionnais les cartes de hockey. J'avais différentes séries. Je les classais par ordre alphabétique, par équipe, par numéro. J'avais mes cartables, mes feuilles de plastiques pouvant contenir 9 cartes. Je jouais avec cela, je mettais chaque chose à sa place.

Aujourd'hui, je classe mes livres. J'ai trois bibliothèques, je joue avec leurs contenus. Je classe les bouquins par ordre alphabétique d'auteur. Je les reclasse par genre. J'ai fait un beau fichier Excel où j'ai rentré la totalité de mon avoir. Je spécifie la langue, le nombre de page, je rentre des données, je suis joyeux, je glousse. Ouh Ouh.

Je fais un peu la même chose avec la musique sur mon ordinateur. Par moment, je la classe par artiste. Avec un beau dossier distinct pour chaque groupe/chanteur et un dossier ensuite pour chaque album. Parfois, pris d'un brin de folie, je fuck l'ordre et les regroupe par genre. Puis par année de parution. Des affaires de fou toé!

Et ce soir, alors que je pénétrais dans ma chambre plus bordélique que jamais, regorgé de linge parce que ça fait une éternité que je n'ai pas fait de lavage (ma dernière paire de boxer encore "propre", je l'ai cousu moi-même en économie familiale, secondaire 2, elle m'écrase le Josélito indécemment, je ferai donc du lavage demain), un carton de jus terminé, une bouteille de rhum bien entamé, bref un plancher souillé, j'ai aperçu, au fond de la pièce, mes bibliothèques, toutes shinées, auréolées, en ordre, droites, SPLENDIDES. Le contraste m'a fessé. C'est fou de voir combien l'intérêt change les choses.

vendredi 17 octobre 2008

Being a bitch

Fut une époque dans ma frivole jeunesse où je fus un véritable entonnoir potinier. De multiples horizons affluaient croustillantes informations autant qu'anecdotes savoureuses. J'avais su me développer un racoleur réseau huilé parfaitement, j'avais un nombre étonnant de personnes ressources. J'étais le Claude Poirier du racontar, sans boîte vocale cependant.

J'en ai déjà parlé, j'ai l'impression que les gens se confient à moi plus qu'à la moyenne. C'est peut-être un feeling erroné, mais j'ai l'impression de mettre en confiance ou je ne sais trop. Je pense aussi avoir une aptitude particulière pour cerner ce que les gens veulent entendre. De plus, la nature humaine me semble faite de telle sorte que les gens ont BESOIN de parler. Ne s'agit plus qu'à avoir le bon timing, la bonne syntaxe, le bon degré de détachement et on peut savoir tout ce que l'on veut. Rester muet comme un candidat conservateur en campagne, écouter sans juger (nah, faites juste garder votre jugement subtile), et on reviendra vous voir. Votre réseau est ainsi établi, les fenêtres msn pop-up, c'est la grande moisson du commérage et vous êtes désormais racoleur fermier en période faste qui récolte ses semances dans un champ immense de ragots.

C'est ainsi que "dans le temps", j'étais fort connecté. Je trouvais ça drôle, la vie était autrement plus ludique, légère, facile. Je m'amusais, je nourrissais ma curiosité, plus j'en savais, plus je pouvais observer en connaissance de cause mon entourage, l'évolution des relations, la façon que les gens ont de se comporter en diverses situations. Puis j'avais fait le tour du jardin, je m'étais découvert ce qu'ils appellent, dans le domaine scientifique de l'observation humaine, une "p'tite gêne".

Dernièrement, j'ai rechuté.

J'utilise mon BAC comme micro-système expérimental. M'étant foutu éperdumment des gens qui m'entouraient lors de la dernière année, je suis donc en mode rattrapage. Hier soir, je me suis retrouvé avec 5 personnes, un bottin des étudiants et aucune pudeur. Saisissant là une affaire en or, j'ai invité mes comparses à commenter chaque personne de notre année, une personne par une. Hell yeah. Dégueux? Je sais.

La soirée durant, tout le monde a passé sous le bistouri de notre implacable panel. Quelques humides rumeurs, des déversements de fiel, pas mal d'éloges, des jugements en vrac, TELLEMENT d'informations. Mon taux de rétention était à son summum, j'assimilais à un rythme fou, classifiais l'information, la jaugeais. 4 gars, 2 filles, 6 godfucking bitches.

Après coup, je me suis questionné sur la moralité de l'exercice. Mais en y repensant, on a dit bien plus de positif que de négatif (we are sweet bitches), et puis je crois bien que c'est le genre de conversation fort courante. Non?

Je suis donc, en date d'aujourd'hui, fin prêt à observer mon milieu scolaire avec un nouvel oeil. je suis à l'affut. Je tends l'entement mes perches, mets en place mon réseau. J'ai du fun. Une vrai fillette de niveau primaire. Un être pervers.

10-4.

lundi 13 octobre 2008

Drama

Un peu partout autour de moi, je sens une effervescence palpable. Certains sont emballés par les élections fédérales, d'autres tombent en amour, se couchent aux petites heures, pris dans de langoureux échanges, certains ont des projets sensass, un livre, un voyage en Afrique, d'autres veulent réaliser l'impossible, apprendre la grammaire française dans son ensemble ou la mythologie grecque dans tout ses détails. On se livre des luttes pour obtenir le coeur de jolies jeunes dames, on est passionné par ses études, on pratique de nombreux sports. Et moi, je calisse rien. Du tout, pantoute, nada, zéro, profondeur d'un discours de Gilles Duceppe, néant, fuck all. J'ai l'impression d'être l'oeil de calme dans un cyclone de palpitations.

I desperately need some drama.

Non pas que ma vie soit vide. J'étudie par moment, je fais de la correction, j'ai des activités soooociales avec mon BAC, je vais m'impliquer dans le festival étudiant annuel de la faculté, je lis un bouquin très prenant, je flirt ouvertement avec deux filles, la saison de Canadiens est débutée, j'ai des débats épiques sur la politique. Et malgré tout ça, je m'ennuie profondément. À dire vrai, la chose la plus savoureuse et croustillante de ma dernière semaine fut sans doute la sporadique écoute de la première saison de la falotte série The O.C.. Un bon ramassis de drama, de grasses émotions à vivre par procuration, de la névrose par commutativité. Combattre le morne par l'exaltant télévisuel, rien de bien édifiant.

Dernièrement, deux plaies répandaient de sulfureux ragots sur mon humble personne. D'ordinaire plutôt indifférent dans ces rares cas, je me suis surpris à être ...intense? Bien que d'éhontés mensonges n'aient aucune valeur, je me suis bizarrement pris à penser à des trucs douteux, des concepts flous tel la conservation de ma réputation (oui oui). J'avais le goût de balancer un coup de poing, quelque chose de senti, de spectaculaire, de dramatique à fond. Ma vie comme un épisode de The O.C., huge fuck.

Donc le soir même où j'apprends les sombres faits, j'ai la région fécale enflammée, les sphincters ignescents, le cul en feu, et je fonce vers un des deux jambons dès que j'ai la chance de le croiser. Ne me laissant guère la chance de parler, il me traite plus ou moins de mongole en rapport à un article publié dans le sympathique journal étudiant. Après l'avoir délicieusement envoyé chier, je le questionne sur les étrons potiniers qu'il largue un peu partout. S'ensuit alors une longue tirade douteuse et insensée de sa part afin de tenter de justifier. J'étiquette assez rapidement l'homme en question comme un ultime imbécile. Immédiatement, toute tension s'évapore. La colère laisse place à une mesquine pitié (I am soooo bad), pas de coup de poing. Et plus de drama. Vie plate.

Pas capable de m'enflammer plus de quelques heures. Tout est tellement relatif, l'amour, la haine, la douleur, l'amitié, l'ennui. Esclave du cartésien, je suis prisonnier du terne.

samedi 4 octobre 2008

Cuisine

Quand je serai grand, je cuisinerai mes plats. Le samedi soir sera l'occasion d'étaler ma virtuosité culinaire au grand jour devant une pléiade de camarades invités pour l'occasion. J'aurai plus de livres de recettes que de cd. J'aurai une cuisine de stainless, des couteaux ultra acérés et des comptoirs à perte de vue.

J'aurais une barbe semi hirsute, les cheveux en bataille, les yeux illuminés. Je maitriserai les casserolles comme pas un. À 50 ans, je porterai des chemises trop amples visant à masquer mes man boobs développé au cours d'une vie épicurienne à outrance. J'aurai le rire facile. Et surtout, je mangerai, me gaverai de saveurs.

Nous décanterons notre vin avant de le boire. Je mettrai du sirop d'érable lors de la cuisson de certaines viandes pour enlever l'amertume de cette dernière. Je consommerai des produits du Québec, cueillerai mes fruits à mêmes les pâturages, élèverai des agneaux dans ma cour arrière pour ensuite les consommer. Nous commencerons nos repas avec une ceviche de pétoncles, nous n'utiliserons pas de la limette normale, que de la yuzu. Nous ne mangerons pas de soupe, du gaspacho plutôt. Nous nous délecterons de truite en papillote à la poire et au Mistelle.

Nous choisirons notre vin en fonction du repas. Nous dirons des trucs comme "oh, il revient bien en bouche" ou encore "on m'avait bien dit que ce cépage était fort fruité, ouh ouh". Nous éclaterons de rires clairs et complices. Nous finirons de manger tard, le nez rougi, nous ferons la vaisselle dans l'harmonie, un peu de jazz comme musique de fond. Nous boirons un digestif, affalés sur des divans de cuir, parlant politique, littérature, philosophie.

Nous serons tel Christian Bégin. Mais pas de mobylette. Hell no, pas de scooter. Je vais avoir du fun en maudit.

vendredi 3 octobre 2008

Paranoïa

Pour cause d'insouciance de la part de l'École d'Actuariat ou flagrant manque de candidant, je suis cette session auxiliaire d'enseignement. C'est ainsi que je me retrouve à avoir des périodes de "disponibilité" où je réponds à la verte masse de première année avide de savoir. Également, mes tâches incluent la surveillance d'examen ainsi que la correction de ces derniers.

C'est hier qu'avait lieu le premier test de la dite matière. C'est donc dire que ma fin de semaine sera assurément constituée de correction. J'ai donc sorti mes stylos rouges et me prépare à attaquer les 150 copies qui attendent de subir mon effroyable regard inquisiteur.

Du coup, je suis parti hier de l'école avec une boite contenant 50 copies d'examens. Mine de rien, il y a une genre de responsabilités qui vient avec ça. C'est le résultat d'heures d'étude, d'heures de cours et de 2 heures de cogitation intense. Bref, une boîte de feuilles qui pue le labeur, la sueur de front. Et moi, je suis le détenteur d'un grand butin.

J'arrive chez moi, assez tard et assez las, pas de correction en vue le soir même. Je barre mes portes de voiture, laisse les copies dans la valise. Tranquille Émile, ben bon Manon, c'est bien Alain.

La soirée se poursuit, l'épisode de C.A. était délicieux et Louis Morissette s'affirme de plus en plus comme une superbe plume. Je me couche.

Et puis au milieu de la nuit, dans les environs de 3h AM, je me réveille. Pipi nocturne, routine. Et soudain, sans aucune logique, rationalité, côté cartésien ou tout autre truc masculin (héhé), je me mets à penser aux copies dans ma valise. Je paranoïe (conjugaison douteuse), grassement. Je pense à ce qui arriverait si jamais je les perdais. Je me mets à m'imaginer de rocambolesques scénarios de vol, d'explosion. Je stress big time et me dit que je me rendormirai pas sans être rassuré. J'enfile donc mon vieux bas de pyjama et sors dehors, faisant face à une température glaciale. Évidemment, la boîte est toujours dans ma valise, je m'en empare et rentre en dedans.

Je suis ensuite retourné me couché, satisfait quoique troublé par cet excès de paranoïa. Frigorifié, je mets un bon 30 minutes à me ré-endormir, radio AM aidant. Ça me surprend, je n'ai jamais été le genre à vérifier 5 fois si j'avais barré la porte ou retourner sur mon chemin voir si j'avais bien fermé un rond. Ça me fait pas, des responsabilités.

Bizarre.

dimanche 28 septembre 2008

Parce que moi pis Dominique Michel c'est fuckin the same

Parce que je commence ce post en ne sachant pas s'il sera le dernier, vous excuserez je vous prie la disparité confuse qui risque de suivre. Je réfléchis à voix haute, dunno ce qui en sortira.

Comme je disais hier, ça fait 1 an que j'ai débuté ce truc. 221 billets plus tard, je n'ai pas changé le monde, je n'ai rien révolutionné, la vie suit son tranquille cours. J'ai relu l'intégrale de la douteuse oeuvre cette après-midi, (attention, je vais abuser de m'auto-linker, je vais me prendre ultra au sérieux, une coche de plus et je dirais que mes lecteurs sont des groupies, mais je vais attendre d'avoir fait 4000 posts de plus, passons...), et j'ai trouvé ça étrange.

Le but initial était d'écrire un an. 365 jours dans ma vie, l'englobement d'un cycle dans sa totalité et la publication de ce dernier sur le web, question de le capturer et en quelque sorte de le faire perdurer. J'ai relu et quelques fois j'ai aimé. Je dis souvent que sur 221 trucs, il y en a environ 7 ou 8 qui me rendent "fier", cela dit très très relativement. Parmi ces textes, je pointerais vers ceux là: Étoile Filante, Jacques et peut-être No Suprises. Il y a des trucs que j'ai trouvé drôle: Ce que les femmes veulent... ou bien les réactions à Commentaires. Ça m'a permis d'avoir des expériences très sympas comme Swinger. Il y a des trucs foncièrement mauvais: Ici, Ici, Ici et à au moins 50% des billets pris aléatoirement.

Je trouve ça étrange de voir l'évolution, toujours dit relativement. Ça fait juste 1 an mais je trouve des vieux trucs fortement juvéniles. Or il est fort probable que je dirai la même chose des lignes que j'écris en ce moment dans 365 jours. C'est l'évolution et le fait de pouvoir la quantifier aussi tangiblement est plaisant. Alors qu'au début je parlais régulièrement de moi-même à la troisième personne en périphrasant ma personne de douteuse façon, aujourd'hui je fais des gags différent, parle différament, ne pense pas de la même façoné. C'est weird en tabarnac. Ça remet en perspective le présent, sa futilité et son éphémérité profonde.

J'ai commencé à bloguer beaucoup pour rire. Un peu pour écrire. Secrètement pour être lu. J'ai aussi commencé à lire un peu partout. J'ai découvert des gens fascinants, des univers particuliers, des talents certains, des idiots profonds. Et puis j'ai commencé à avoir des commentaires de gens que je ne connaissais pas, de l'extérieur, si on veut...

C'est un gros couteau à deux tranchants. Ça fait drôle de penser que quelqu'un de totalement désinteressé peu avoir la motivation de lire ce qu'on écrit, trouver cela assez pertinent/drôle/bien ficelé/aberrant pour investir ne serait-ce que 2 ou 3 minutes sur ce site. Ça laisse perplexe longtemps. Et puis tu te mets à aimer ça, à te faire des accroires ridicules, tu choisis ce que t'écris en fonction de ce qui pourrait faire réagir, tu favorises l'insipide sensationnel au truc un peu plus profond ou sérieux dont tout le monde se fout bien. C'est peut-être le début de la slippery slope.

Et puis il y a l'encore plus étonnant. Des gens te contactent. Tu te mets à parler à des gens sur des bases plus ou moins régulières, vous parlez de trucs plus larges que ce blog seulement. Si je contrôle ce que je mets ici, les trucs que je décide de mettre, en dehors, des gens en viennent à me connaitre un peu plus. C'est une drôle de dynamique, franchement étrange. Moins de contrôle.

Il y a les creux. Ta vie est morne, rien à dire. Donc rien à écrire et cette page blanche qui te rappelle un peu, hypocritement, combien ta vie est vide et peu exaltante. Les amis à qui tu avais poussé l'adresse de ton blog au début alors que tu cherchais désespérement un mini public, attention whore que tu es, se mettent à te demander à quand est prévu ton prochain texte. Ca devient lourd.

Justement, plein de gens que tu connais dans la "vraie" vie lisent. Ils te commentent dans la vraie vie, te dénigrent par moment, alors qu'eux n'ont jamais écrit le moindre truc de leur vie, une ingratitude consommée et déplaisante. T'adaptes une fois de plus ce que tu écris, tu te censures, choisis tes sujets, laisses de côté des sujets un peu plus épineux. L'espace que tu voulais pour écrire des trucs anonymement, avec une certaine liberté, est plutôt devenu un lieu d'anecdote et d'insides que tu te sens obligé de mettre pour ne pas décevoir personne. C'est de la criss de marde. Et tu penses à juste arrêter.

Je switch de pronom de façon impromptu. Je,tu, fuck the system.

J'aborde peu de sujets plus sérieux, d'actualité. J'aurais aimé, or les gens s'en contrefoutent ou bien ont des idées si arrêtées que le débat est entièrement futile et le dialogue plus qu'un souvenir caduque. Donc je fais un autre tri dans les sujets abordés. C'est déplaisant.

Pourquoi tout ces tris?

Je ne m'en cache pas. J'aime savoir que des gens lisent. J'adapte pour plaire aux 5 fools qui passent ici. Or si on regarde tout ça avec une vision d'ensemble, ya fucking personne qui vient lire ici. La vérité est que le sentiment global provoqué par ce genre d'espace est l'indifférence. Probable qu'avec un regard extérieur, je trouverais tout ça d'une insipidité nauséabonde. Je trouve ça mauvais et pourtant, je trouve qu'il se fait encore pire, des trucs d'une nullité déroutante. Et certains d'entre eux récoltent des nombres de visite assez impressionant.s Honnêtement, ça me fait chier. C'est con, I know. Mais ça me purge royalement.

Alors dernièrement, voyant que tout ça ferait bientôt un an, je me suis demandé si je devais juste fermer. Partir sans avertir, quitter mon lectorat de 5 personnes de façon sauvage et tellement cool. Mine de rien, écrire tout ça me prend une bonne dose de temps. Je me censure constamment. Je tourne toujours autour des mêmes sujets, utilise régulièrement le même genre de comparaisons/métaphores en utilisant les acteurs du showbizz québecois. Je trouve que je radote à de maintes occasions. Je me renouvelle peu. Je ne trouve pas que ça mène à quelque chose de précis. Je fais beaucoup de surplace, c'est l'indifférence global. Alors voilà, je me disais que c'était peut-être mieux de finir tout ça avant que tout ça se mette à faire pitié.

Après tout, je ne raconte pas des juteuses histoires avec Mme Unetelle, Mme L'autre et Mme Nom Tellement Cool Et Branché. Je suis assez prude. Je suis routinier. Je ne sais pas ce que les gens pourraient venir chercher ici. Alors à la suite de toutes ces réflexions, j'avais décidé que mon texte d'une ligne d'hier serait mon dernier. Le chant du cygne, un essai scientifique à savoir si l'arbre qui tombait dans une forêt vide faisait du bruit.

Mais voilà qu'aujourd'hui, j'écoutais Rain Man et je finissais Nouvelles sur l'Extasy. J'avais le goût d'en parler, écrire sur ça. Et je me disais que je n'avais plus de plate-forme, nulle part pour élaborer un peu mes pensées, mettre de l'ordre dans ma tête. Car c'est un peu beaucoup ça ici. Une opportunité d'auto-analyse. Et puis déjà je m'ennuyais de ce que tout ça m'offrait. Je me disais que je m'ennuirais d'écrire, mettre un mot à la suite de l'autre de la façon la moins laide possible.

Ainsi donc, je continue. Probable que dans 2-3 semaines, je fasse tout sauter, sans pré-avis, pas d'indicateurs ou rien. Juste disparu. Je verrai bien ce que le temps m'apportera. Car pour l'instant, j'ai l'impression que ma vie débouche sur plusieurs facettes, je vais vivre des expériences particulières et même si tout le monde s'en fout, j'aime cette chance de pouvoir lancer des résumés dans le vide infini cybernétique.

L'avais dit que je divaguerais.

mardi 9 septembre 2008

Se vendre

Est venu l'effervescent temps des postulations pour l'obtention d'un stage dans le trouble monde des jeunesses actuarielles et même si nous jonglons avec les fractions couramment, c'est toujours en entier que les choses se font. Je suis donc englouti dans une tornade de 5 à 7 et bientôt d'entrevue. Les temps sont troubles.

J'ai donc re-shiner mon CV, sorti ma plume du dimanche pour des Lettres de présentation, scanné mon relevé de notes et j'étais lancé dans ce qui s'avère être la grande valse des postulations, le ballet de la prostitution, le continental de la séduction.

Je suis donc en monde "je vends ma personne". Arrogant de nature, je deviens aussi confiant que Francis Reddy viril lorsque vient le temps d'approcher des gens pour me vendre sérieusement. Même si j'ai l'impression d'être un candidat valable avec des aptitudes convenables, je suis incertain, j'avance à tâtons, je suis une COUILLE.

Nous avons de multiples contacts avec les employeurs. Je reste low profile, ne déplace pas trop d'air tandis que des zelés succubent l'attention, des vampires corporatifs. C'est la jungle et je me sens comme [insérez animal déplaisant et foncièrement proie].

Qui sait ce qui en résultera?

jeudi 4 septembre 2008

No Surprises

Il ne sera point question de ma favorite de Radiohead, chauffé de près par High and Dry, mais bien de ce long et calme fleuve qu'est la vie.

Je ne suis pas devin ou même le grand Hari Seldon, j'ai pourtant l'impression d'être rarement (parce que dire jamais, ça aurait l'air franchement trop gros) surpris. Je ne saurais dire la dernière fois où je fus agréablement surpris, ni la dernière où je fus négativement déconcerté. Les gens, les objets, la vie est prévisible. Des voies saupoudrées d'indices qui mènent toujours à de soupçonnées conclusions.

La clef de tout ça, c'est sans doute ma propension à juger. L'Observation. Ça peut sembler arrogant mais j'affirme ici, en ces bas lieux, que je me trompe quasi (le gars se garde une sortie) jamais quand je juge quelqu'un. Du moins, je pense sizer avec justesse ce à quoi j'ai affaire. Or, j'adorerais profondément me tromper, et je ne me ferme pas de portes pour garder ma fiche intacte, honestly.

Parce que Lavoisier était pas mal on target, suffit de savoir quoi regarder. Au fond, l'humain en société me semble profondément conjecturable puisque tout est régit par des normes, des moeurs, des ententes silencieuses. Même les marginaux ont un style précis, reconnu, ils l'affichent, ils veulent être reconnus comme tels. Impossible d'échapper aux moules, nous avons été aseptisé, nous quêtons notre stérilisation, la différence est cautérisée comme si elle était plaie de l'humanité. Assoiffé d'une reconnaissance populaire ou du rejet global, nous nous abreuvons à même notre propre source commune. L'humain désaltère sa peur du vide à même ses sécrètions dans le cycle moribond des stéréotypes visqueux. Je n'y échappe pas, j'ai soif.

Mais souvent, j'ai cette impression d'avoir du recul, contempler la plus morne des visions. Les injustices sont prévisibles, évidentes. Les profiteurs qui auront du succès sont cernables. L'avenir de plusieurs couples me semblent limpides, facile à prévoir. Les carcans ne sont pas multiples, on s'y entasse volontier, selectionnant parmi une minimaliste variété.

Ne subsiste plus qu'à identifier les aspirations de quelqu'un, quelques facettes de sa personnalité et le reste se déduit, à mon sens, avec une déconcertante facilité. Notre entourage est relativement statique, la portée de nos actions mesurables, pour quiconque lucide.

Et ça me déprime.

mardi 19 août 2008

Passer de Fendant à Fendu

Parce que je suis bonasse, incapable de dire non, aime pas laisser les gens dans la merde, mollasson, menton de Jacques Demers et tout ces mots du champs lexical de MOU, je me retrouve à faire des 6 heures d'over dans ma dernière semaine de boulot. Au moins, je m'assure de m'être écoeuré à l'infini. Alors que ma vie est aussi plate qu'un chest de marathonienne, je fouille dans des vieux trucs que j'ai écrit pour un peu de cheap divertissement. Pris de grandeur à quelques moments de ma jeune vie, je me suis dit que je pourrais écrire un livre. Voilà un truc que j'ai commencé il y a bien 2 ans, qui n'a jamais abouti, que j'ai déjà essayé de continuer, mais dont le personnage principal me fendait trop le cul. Un genre d'auto-fiction. Je lis ça et je me trouve fendant au possible. Juste l'intro pue.

Il y a de ces moments où l’on a une vision claire, où le chemin nous semble tracé, la voie est plus évidente que jamais. Mais pour ces moments, il y a aussi ceux, plus nombreux, d’errance, de brume, de doutes et d’indécisions.

La vie est questionnement constant. Que dois-je faire? Est-ce bien? Qui suis-je? La quête d’une identité, une avec laquelle nous soyons à l’aise tant à cause de sa véracité que par sa justesse, n’est-ce pas là le travail d’une vie? Une définition sans cesse à refaire, une recherche infinie, ne sommes nous pas guère différent que notre dernière action? Le passé, ces eaux troubles déjà naviguées, peut-il devenir handicap, frein à l’amélioration de notre personne?

J’avais toujours été égocentrique, sûr de moins même et sans considération aucune pour les autres. Il y a quelque chose de grisant à se croire brillant, un insaisissable sentiment de pouvoir, une force que l’on sait ou du moins croit enfouie, l’auto-permission à la médiocrité sous prétexte qu’au fond il s’agit là du droit à la lâcheté. Il y a aussi cette relation d’amour-haine avec les autres. La masse humaine ne devient plus que bipolaire, divisée entre adulateurs et errants. Sans doute pathétique mais somme toute confortant. Alors que l’on croit se foutre des gens, on devient esclaves de leurs jugements, junkie de leur approbation puisqu’en fait, il n’y a que l’opinion des autres qui permet d’échapper à la sienne.

Et une fois la nuit venue, alors que les artifices sont tombés, que les éphémères distractions laissent place à la noirceur ironiquement révélatrice, ne reste plus que ce dialogue avec soi-même, cette recherche de sa propre substance, ces sempiternels questionnements pour lesquels il n’existe d’échappatoire autre que la folie.

On avance à tâtons, la vie se charge de nous envoyer des signes, on fait nos choix, nos décisions, on laisse nos traces sur le sinueux chemin universel et on espère laisser fertile passage. J’avais toujours choisi les raccourcis, l’utilisation du travail des autres, l’escapade, la fuite, la lâcheté.

Et puis il y avait eu cet été, l’espace d’un moment mais aussi l’espace d’une vie, où j’ai commencé à croire en moi, vraiment. Cet été là, je suis devenu un homme.


Je suis là à m'auto-proclamé brillant hahaha. C'est dégueux tight. Il y a quelque chose de troublant à voir combien on change avec le temps. Aujourd'hui, j'ai l'impression de douter de ma personne un max, une rémanente impression que je ne fais rien de bon alors qu'à une époque, on aurait dit que je me croyais Roi du Monde dans un égocentrisme consommé. C'est cyclique j'imagine.

vendredi 15 août 2008

Soleil leil leil

C'est le coeur étonnamment léger que je me retrouve ce matin main sur mon clavier à écrire ici tandis que le soleil se lève lentement et dissipe la brume alors que résonne encore dans ma tête l'écho des quelques milliers de chocs entre paniers et convoyeurs qui ont meublé ma nuit. Je suis joyeux et ni ma nuit blanche ni les aléas de mon estomac tiraillé par le doublement de ma consommation à vie de boisson énergisante en une seule nuit ne sauront troublé cet enthousiasme. Galvanisé, je ferai du coq à l'âne et écrirai avec plein de sous-titres, tel un Richard Martineault. J'utiliserai même la nouvellement découverte option qui me permet de publier un texte à l'heure que je le désire. Bien qu'il soit en ce moment 8h30, vous ne verrez rien avant 11h. Non mais quand on peut hein, pourquoi pas le faire!

La vie la vie

Je suis tombé sur 2 épisodes de la télé-série hier, et j'ai vraiment tripé. Je me souviens d'un dialogue en particulier où un gars dit à sa blonde "Ostie que je t'aime", elle de répondre "arrête moi ça les gros mots" et lui de se reprendre "t'as raison, ostie que je suis bien avec toi". C'est le genre de réplique que je trouve succulente, que j'aimerais avoir écrite. Une couple d'éclair de même dans ce petit blog et je serais fucking heureux. J'espère que la série est disponible à mon club vidéo!

Morne

Tu te rends compte que ta vie est rendue vraiment plate quand tu as mal aux muscles des joues en riant parce que tes zygomatiques sont ankylosés, parce que trop souvent un air de boeuf.


Athlètes canadiens


Exaspéré d'entendre partout dans mon entourage et dans les médias les gens se plaindre des performances canadiennes aux Jeux de Beijing. Quand tu te fous éperdument de gens pendant 3 ans et 50 semaines sur 4, que tu ne finances personne, que tu ne t'informes pas, de quel droit tu peux juger et critiquer? Anyway, c'est sûrement pas en étant joyeux de battre des records canadiens quand des records mondiaux flanchent de toute part qu'on va installer une mentalité de gagnant. Il faut publiciser le sport amateur, cultiver l'excellence, s'intéresser couramment à nos athlètes et ensuite, on pourra peut-être autant se plaindre. Je suis abonné au Sports Illustrated depuis bientôt 3 ans, on parle souvent de sport amateur, le circuit de la NCAA forme de bons athlètes, pas game de s'en inspirer.

Seul

Pour la première fois en peut-être 2 ans, je ressens de la solitude. Comme si le célibat avait pour une première fois depuis longtemps un poids. Comme un besoin d'affection rémanant, un succube d'aisance face au quotidien. Si la vie serait bien fait (ou pas), il y aurait les plotes à puck, les plotes à scooters et les plotes à bloggeur éparse et grossier. J'ai besoin de rencontrer de nouvelles personnes, élargir un peu mes horizons. Je fais du surplace à ce niveau. Pas d'occasion de rencontrer de nouvelles filles. Si ma vie serait One Tree Hill, je serais Mouth pis j'ai bien hâte que la saison 5 arrive (divagation entière que j'assume).

mardi 22 juillet 2008

En quête de crédibilité

L'âge moyen du bloggeur est difficile à cerner. Si j'avais à me prononcer, je dirais sans doute 27 ou 28 ans, du moins c'est ce que mon observation me permet de conclure, avec un écart-type de 3 ans. J'en viens donc à me dire que jeune d'un frais 20 ans, je fais figure de donnée aberrante dans ce curieux et hétéroclite paysage.

Si je me compare avec mon entourage immédiat, j'ai l'impression d'être une personne avec des opinions assez définies et plutôt nombreuses. Autour de quelques sympathiques cervoises, j'adore discuter et argumenter sur la politique municipale, provinciale, fédérale, parler régime russe, élection américaine, situation au Moyen-Orient, philosopher religion, vie après la mort, conflit intergénérationnel. Je pense avoir des trucs à dire, des points de vue sur ce genre de sujet or je les aborde pas ou peu ici.

Le fait est que j'ai l'impression d'être un p'tit cul. Par exemple, dernièrement, il y a eu une simili contreverse quant à la venue de Sir Paul McCartney à Québec, une histoire que j'ai trouvé autant grotesque que rocambolesque. J'ai lu un article du Foglia-des-pauvres un beau matin et j'ai trouvé le tout tellement ridicule que j'ai eu le goût de m'insurger sur mon blog, répliquer, expliquer en long en large et en métaphores douteuses mon désaccord. Et pourtant, pourtant... Je me suis dit: who fucking cares? Poser la question c'est pas mal y répondre.

Au plus, je me risque parfois par voie de commentaire sur certains blogs, quand je me sens vraiment interpellé ou particulièrement d'attaque. Du coup, je me demande comment on obtient crédibilité. Ce n'est surement pas en racontant la fois où une grosse dégueulasse à lu nos lignes de la main. Et puis l'âge, je le considère comme obstacle majeur alors que pourtant, je n'hésite pas à juger l'opinion de quiconque, vieux ou jeune. Paradoxal un peu.

Il y a sûrement une part de confiance en soi, une estime qui nous amène à se dire que ce que l'on pense peut avoir une valeur pour d'autres. Ça s'acquiert sans doute avec le temps. Parce que j'ai l'impression d'être souvent à contre-courant avec les médias de masse ou bien avec l'opinion un peu plus à gauche qui me semble présente dans la blogosphère, je me tiens tranquille, démotivé un peu car je sais que le peu de lecteurs qui passeront ici seront possiblement hostiles. Moumoune? Pas mal, je sais bien.

mardi 1 juillet 2008

Comeback Kids

Dernièrement, j'ai quelques amis qui sont revenus de long voyage, plusieurs mois à l'étranger, loin de leur mère patrie. Alors que je peine encore à découvrir qui je suis, mes aspirations et qui je veux devenir, eux découvrent le monde, ses multiples et magnifiques facettes.

Le meilleur moyen de savoir si on apprécie une chose, dans mon humble avis, c'est de ne pas la côtoyer durant une certaine période. C'est ainsi que j'ai découvert que plusieurs choses que je croyais importantes dans ma vie sont en fait parfaitement inutiles. Je réalise également, alors qu'ils sont un peu partout sur le globe, que j'aime bien la présence de certaines personnes, aller prendre une bière avec eux, jaser de la vie, des autres, de soi, du futur. De ces gens avec qui j'aime décider, en plein après-midi, que nous monterons au Casino de Montréal le soir même. De ces amis avec qui randonnée en raquette devient partie de plaisir. De ces chummys avec qui il fait bon de s'imaginer devenir un groupe criminalisé, que pour décider qui aurait quel rôle.

Petit à petit, sans trop faire de bruit ni de vague, la vie et ses divergents courants amènent des amis de jeunesse vers divers rivages, différents paysages. Nos horizons autrefois communes sont désormais différents panoramas qui se croisent le temps de sympathiques soirées ou de mémorables évènements.Ce sont ces moments qui forment le chœur de ces amitiés qui survivront aux affres du temps, leurs intensités qui dictera la force des liens qui uniront des gens qui, bien qu'ils habitent à des lieux l'un de l'autre, demeureront plus proches qu'on ne pourrait le croire.

Cet été, je réalise que j'ai franchement un bel entourage. J'ignore si cela est causé par le fait que travaillant de soir, je passe la majorité de mon temps seul et que je savoure plus le reste, toujours est-il que j'ai des criss de bons chummys.

lundi 9 juin 2008

Faux fans

Pour toutes vagues, il y a surfeurs. Alors que Canadiens faisait les séries, leur nombre de partisans augmentait aussi vite que diminue la crédibilité de Julie Couillard ces jours-ci. La ville était hockey, faisant ainsi honneur à l'efficace comité de marketing de la Sainte Flanelle. Partout, des fanions ornaient les voitures et proclamaient allégeances au Tricolore. Le fait est que globalement, cette nouvelle masse de partisan était faite de faux fans. De fakes. D'opportunistes qui n'avaient point subi les années de misère du club montréalais. Des gens qui se joignait hypocritement à la frénésie et participait à une fête où leur invitation, quoique conviviale, était peu méritée.

Ces temps-ci, je suis un fucking faux fan.

En effet, l'Euro bat son plein et comme tant de gens, je fais semblant de m'intéresser au soccer, parle des chances de récidiver de la Grèce comme si je connaissais ça alors que j'ai autant de connaissance du ballon rond que Dave Hilton a de connaissance du français. J'analyse les forces en présence en me basant sur des sommaires articles de la Presse Canadienne, je suis comme un animateur de radio à Énergie.

Et pourtant, je suis incapable de regarder le football (prononcer foutbôl avec la bouche en cul de poule) à la télévision. Des matchs de 90 minutes avec, si on est chanceux, un but ou deux. Des joueurs qui font la comédie constamment pour tenter de faire prendre des punitions et obtenir des free kicks avec des performances dignes de Jutras (mettons). Et le tout dans un enveloppe TELLEMENT ennuyante. Sérieusement, le soccer n'est-il pas le sport le plus dégueux au monde? Et pourtant, je fais mon faux fan all the way.

Tellement la même chose pour le Grand Prix de Montréal...

samedi 24 mai 2008

As-tu peur?

Au départ, je n'avais aucune idée d'où me mènerait l'idée de faire un blog. Je me suis créer une adresse email, le_tapageur@hotmail.com, sans trop savoir, me disant qu'au pire je pourrais y faire dévier un max de pourriel quand je m'inscris à des maisons de sondage ou autres trucs douteux. Puis j'ai reçu quelques messages intéressants, quelqu'un de zélé me demandant étrangement conseil et certaines personnes m'ajoutant même à leur liste msn pour des raisons qui me sont inconnues. Globalement, je trouve ça intéressant, discuter avec des gens qui me sont étrangers, de choses et d'autres. Ça aura eu du bon ce truc de Taverne Silencieuse. Et pas que pour ça...

Et puis ce soir, quelqu'un parmi ces nouveaux contacts improvisés me demandait si j'avais peur. Si moi, qui supposément semble bien gros rationnel, avait des choses qui l'effrayaient.

J'y ai pensé un bout. Parce qu'au fond, la peur, c'est vague. Comment la définir avec exactitude, savoir en quoi elle consiste vraiment, où est la limite de l'angoisse, du doute, de l'incertitude par rapport à la peur. J'ai ce vieux réflexe d'associer peur avec vulnérabilité, comme si un n'allait pas sans l'autre, comme si l'absence d'effroi rendait invincible, sorte de pensée magique que j'entretiens depuis toujours parce que petit, l'école de la vie m'avait appris à ne pas montrer faiblesses.

Je crois qu'il y a l'irrationnel. Ou le subconscient. La peur des chiens, de l'eau, de traverser le pont en voiture. Plus de gens sont paralysés par ces peurs qu'on pourrait le croire à prime abord. Pour moi, c'est le vertige. Jeune bébé, j'étais debout sur mes jambes, déjà grand, et je pleurais, effrayé de m'asseoir, étourdi par les vapes d'une altitude somme toute illusoire. Aujourd'hui, j'ai des palpitations, je tremble, et je déteste ça à mourir... récalcitrance à la faiblesse.

Et puis il y a le reste. J'ai peur de vieillir seul, délaissé par ma famille ou mes enfants. Tant de personnes âgées croupissent tristement seules, abandonnées par une descendance prisonnière d'une vie où la cadence effrénée les amènent à oublier l'essentiel. J'ai peur de ne pas laisser de traces, m'évaporer et ne plus être qu'une épitaphe parmi des centaines d'autres dans un moribond cimetière. À un stade de ma vie, je demandais aux gens qui m'entouraient quel était le meilleur moyen de perdurer à la mort. Je crois qu'il s'agit d'avoir des enfants. J'ai peur de ne pas avoir cette chance.

J'ai peur de décevoir, les autres tout comme moi-même. Parce qu'avec une attente, quelle qu'elle soit, vient une pression, une expectative à vouloir rencontrer. Peur de ne pas devenir ce que je veux, peur de me tromper sur ma personne, peur d'avoir profondément tort.

Je réalise que j'ai peur de plusieurs trucs, et pourtant ça ne régit pas ma vie, du moins je crois. Est-ce normal d'avoir peur pour ces trucs? De quoi avez-vous peur?

samedi 17 mai 2008

Tenter le coup

J'ai un cousin qui a lancé son premier album cette semaine, un CD de 12 chansons qui a muri une dizaine d'années entre espoir et déception et qui voit finalement le jour comme aboutissement de nombreux labeurs. Je pense que les ventes vont bien, son lancement avait lieu au studio Juste Pour Rire et nombreux étaient ceux qui se sont déplacés.

Même si je le connais pas vraiment, nos rares discussions ayant eu lieu dans le cadre de grandes réunions familiales du temps des fêtes se résumant aux questions d'usage en pareil circonstance, je trouve quand même inspirant de voir quelque de mon "entourage" aller au bout de ses rêves. Il y a là une leçon de persévérance qui m'inspire. Comme une preuve irréfutable que quand on veut, il semblerait bien qu'on peut.

Quand j'étais petit, je voulais devenir journaliste sportif, puis journaliste parlementaire. J'ai aussi eu ma phase où la radio me fascinait (elle me fascine et m'intéresse toujours autant) et je voulais devenir animateur. J'ai également ce rêve d'un jour écrire un livre, une histoire qui vaille la peine d'être lu. Mais voilà, à chaque fois, je vois les obstacles, les débouchés moindres, la difficulté de se tailler une place et jamais je n'ose.

La voie du rêve en est une difficile à arpenter, on doit parfois rebrousser rationalité, manque de confiance, doute, marasme. J'imagine qu'il faut choisir sa quête, avoir foi et foncer jusqu'au bout en mettant tous les efforts possibles pour que nos buts se réalisent. D'ici là, je continue à végéter, attendant visiblement je ne sais quoi...