C'est palpable et indéniable, un vent certain de renouveau berce l'Amérique. Après 8 ans de marasme, une lutte au terrorisme n'étant pas sans rappeler l'HUAC de McCarthy, les répercussions post 09/11 et le retour en Irak, voilà que le pays est plongé dans une crise économique sans pareil. Malgré tout cela, une lueur d'espoir transcende cette brume de négativisme: Barack Obama. Et cette seule lueur brille suffisament pour donner la foi à plusieurs Américains que des jours meilleurs sont imminents.
Le 4 novembre dernier, une nouvelle génération se présentait aux urnes pour la première fois, la communauté afro-américaine usait massivement de son droit de vote trop récemment acquis afin de faire élire un homme résolument moderne. Ce soir là, une page venait d'être tournée.
Depuis, l'image des États-Unis s'est grandement améliorée de par le monde. Bush est devenu un ardent défenseur des théories keynesiennes, la droite américaine semble se métamorphoser et j'ai l'impression que pour la première fois, les jeunes sentent qu'ils peuvent faire une différence, qu'ils peuvent décider du monde dans lequel ils vivront plus tard. On s'intéresse aux enjeux, on discute de solutions, des conséquences. La politique est redevenue une préoccupation pour plusieurs, le Daily Show de Jon Stewart est un incontournable, je suis sûr que de multiples débats activent jusqu'à tard nombre de maisonée. C'est exaltant non?
Malgré tout ça, n'en demeure pas moins que j'ai peur. Les attentes sont titanesques, frisant l'impossible à bien des niveaux. S'il semble acquis que la première décision de l'administration d'Obama sera de fermer Guantanamo, il reste que cela ne risque guère d'être effectif dans la prochaine année. Et que sera-t-il fait des aveux obtenus sous la torture? Et c'est comme ça pour plusieurs dossiers. Complexe, complexe, allégeance politique de Guy Bertrand. La machine burocrato-politique est d'une lourdeur incroyable et les dissensions sont majeures quant aux façons d'attaquer les multiples problèmes qui se présentent actuellement.
Les sondages le disent, les blogs américains le crient, les journaux le confirment, nos voisins du Sud ont une foi profonde envers leur nouveau leader. Demain commence un mandat de 4 ans et j'espère qu'il sera porteur de grand changement. J'espère surtout qu'on saura être réaliste, parce que les révolutions à venir seront longues et ardues.
God Bless America (Parce que j'avais besoin une fois dans ma vie de finir un texte avec ça)
